Register Thursday | September 20 | 2018

"The Sleeper in the Valley"

A poem

Le Dormeur du val

 

C’est un trou de verdure où chante une rivière,
Accrochant follement aux herbes des haillons
D’argent; où le soleil, de la montagne fière,
Luit: c’est un petit val qui mousse de rayons.

 

Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort; il est étendu dans l’herbe, sous la nue,
Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.

 

Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme:
Nature, berce-le chaudement: il a froid.

 

Les parfums ne font pas frissonner sa narine;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine,
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.

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The Sleeper in the Valley 

It’s a green ravine with a river that sings
And madly clings to silvery tatters
On the grasses—a little valley bubbling
With beams of a sun that scatters

 

From the noble peak. A young soldier, helmetless,
Open-mouthed, bathing his nape in the cool blue cress,
Sleeps; he’s under clouds, pale, outspread
Where light is raining down on his green bed. 

With his feet in the gladioli, he sleeps. Smiling how
A sick kid smiles, he’s catching some Zs.
Nature, cradle him closely, he’s

 

Cold. Smells won’t make his nostrils quiver now.
One hand on breast, asleep in the sun, he’s pacified;
There are two red holes in his right side.